Carnet de Nicolas
Journal de bord et autres pérégrinations de l’esprit

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Besoin et entreprise

Les concepteurs de logiciels et de matériel informatique savaient que leur rôle était de servir leurs clients. Il s’agissait d’identifier un besoin, puis d’y répondre. Mais à un moment donné après la crise financière, les aspirants entrepreneurs ont transformé cela : ils étaient persuadés que leur rôle était d’inventer l’avenir et que celui des consommateurs était de se conformer à cet avenir inventé. (…) Au lieu de technologies capables de résoudre des problèmes concrets, les entreprises ont enchaîné les modes passagères comme les NFT, le métavers et les grands modèles de langage. Leur point commun ? Elles ne sont pas conçues pour résoudre un véritable problème de marché. Elles sont conçues pour enrichir les investisseurs et les entreprises.

— Elizabeth Lopatto, La Silicon Valley a oublié ce que veulent les gens ordinaires

Recevoir des chiots gratuits

Non, ce n’est pas un titre putàclic, ni une publicité cachée, mais une métaphore.

Suppose you had a pull request for SQLite. “Hey, I’ve got this new feature for SQLite. Here’s the pull request.” When you want me to pull that into the tree, you say, “Oh, it’s free.”

No, it’s not free. What you’re doing is asking me — you’ve got this cool feature, and you want me to maintain it for you, to document it for you, to test it for you, to maintain it for you for the next twenty-five years. That’s not free.

Linus Torvalds is famous for saying there’s free as in beer and free as in speech. But there’s another kind of freedom: free as in puppies. “Oh look, I’ve got a free puppy for you.” You see where this is going?

A pull request is a free puppy. And then you’ve just got a kennel full of puppies at the end of the day. And you can’t just throw them out — you’re morally obligated to take care of them for their natural life.

I don’t want any free puppies.

— Richard Hipp, Pull requests are free puppies

Pouvoir et symétrie

J’aime beaucoup cette photo de la nouvelle première ministre du Québec, Christine Fréchette, et de la nouvelle mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada.

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, et nouvelle première ministre du Québec, Christine Fréchette assises à l’hôtel de ville.
Christine Fréchette et Soraya Martinez Ferrada à l’hôtel de ville de Montréal, le 22 avril 2026.
© Alain Roberge, La Presse

Il s’y dégage une quasi symétrie, que ce soit en arrière plan avec les plantes sur le rebord des fenêtres, ou les deux drapeaux au centre et les verres d’eau posés sur la petite table ; avec la mise au point sur les deux personnes principales de la photo, jambe croisée à l’opposé, chacune les mains jointes ; ou avec leurs deux collaborateurs·trices aux mêmes postures de chaque côté, portant lunettes, pieds et mains jointes, ou jambes croisées pour celleux au tout premier plan.

Toutes les personnes sont en costume, mais il y a ce petit contraste entre les baskets blanches des deux personnes principales et les souliers bien habillés des collaborateurs·trices, ajoutant encore un petit quelque chose à la photo.

People who care

I love when in release notes, there are more resolved issues than new features. Maintenance is care. Care is respect.

— Karl Dubost, Astrophysique et LLMs

Design systems and editorial style guides need people who care. They need people who care about the small details, who obsess over consistency. They need people who are willing to push back, and who are happy to say no to the endless requests to ignore the guidelines just this one time. […]

Tech is full of people who care deeply about their area of chosen specialism, and we’re all struggling in a world where doing lots of stuff really fast has become the most important thing.

— Rachel Andrew, The importance of people who care

Failles et responsabilité

Le premier vise à rendre les éditeurs de logiciels légalement responsables de la commercialisation de produits non sécurisés, et faire supporter le coût de l’insécurité à ceux qui en sont à l’origine. Le fait que le secteur ait normalisé un « Patch Tuesday » mensuel, en traitant les défauts courants des produits comme un coût acceptable, témoigne du fait que nous avons intériorisé l’idée que les logiciels défectueux seraient la norme.

« Au cours des 150 dernières années, aucun secteur n’a amélioré la sécurité sans y avoir été contraint par les pouvoirs publics. Que ce soit l’aviation, l’automobile, l’industrie pharmaceutique ou la sécurité alimentaire, tous ont suivi cette voie », rappelle Bruce Schneier.

La cybersécurité est une « priorité géopolitique », pas un « problème technique »

Quand je vois le nombre de nouvelles fuites de données personnelles qui sont découvertes chaque jour, y compris lorsqu’il s’agit d’organismes gouvernementaux, ça me semble une bonne idée : il faut sévir plus et mettre les éditeurs face à leurs responsabilités.

Remettre au cœur

Depuis plusieurs années, de nombreuses personnes déclarent vouloir remettre certaines choses au cœur d’autres choses. […]

Par exemple, c’est souvent l’humain, l’usager ou le citoyen qu’on désire remettre au cœur de quelque chose. […]

Cette expression a fini par déborder du monde corporatif pour être maintenant en usage dans les médias et dans le langage courant.

— Nicolas Guay, Remettre A au cœur de B

Coïncidence ? Pas plus tard qu’il y a quelques jours, cette expression était utilisée par ma haute direction dans une présentation.